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Si vous habitez Los Angeles, vous savez combien il est important d’obtenir votre café. Tandis que la ville a beaucoup d’options différentes, troisième vague, micro-café torréfié, rien ne vaut le grand-père du café artisanal : Intelligentsia. Alors que les magasins de Pasadena et de Venice vous offriront un spectacle intéressant, voilà pour l’instant les onze personnes que vous êtes susceptible de rencontrer à l’Intelligentsia de Silverlake, près d’Hollywood.
  • Le barista : avec sa veste de tweed et sa cravate parfaitement rentrée dans sa chemise, il est habillé comme s’il vivait en Russie dans les années 1930 avec la personnalité austère qui correspond, ce qui est logique car vous venez de faire la queue pendant une heure pour obtenir quelque chose qui devrait être facile à obtenir.
  • Le snob du café : le Commissary, Bru, Lamill. Il les déteste tous. Il aime à peine Intelligentsia. C’est le gars qui est assis au bar et qui ne cesse de faire la conversation avec le barista sur les notes subtile de sureau et beurre noisette dans son Americano. « Pourquoi gâcher votre café avec de la crème et du sucre ? Moi, je suis un puriste. » Il a fait une demande d’emploi à Intelligentsia mais ne l’a pas obtenue parce que même eux pensent qu’il est trop prétentieux.
  • La fille de scène : le stéréotype commun à Los Angeles, c’est que personne ne sort de la maison sans être soigneusement coiffée ou maquillée, sauf évidemment si vous habitez Silverlake. Ses vêtements sont parfaitement coordonnés sans pour autant montrer qu’elle essaie trop. Son arrêt quotidien à Intelligentsia est surtout pour se faire remarquer.
  • Le hipster des années 1890 : la vie moderne lui a permis de vivre la vie de luxe de la fin du XIX siècle. Sa petite moustache parfaitement enroulée lui donne l’apparence coupable de quelqu’un qui vient de ligoter sa petite amie à une voie ferrée. A l’heure actuelle, il prend une pause de sa profession archaïque (soudeur artisanal) pour se livrer à un plaisir ici en 2016.
  • Le hipster bénéficiaire d’un legs en fidéicommis : vivre à Silverlake peut être couteux, surtout lorsque vous ajoutez $5 par jour pour votre latte habituel. Heureusement, ses parents paient son loyer afin qu’il puisse marcher à Intelligentsia (parce qu’il est écologiste), lire un livre de développement personnel, écrire ses pensées dans son journal et faire semblant de faire quelque chose après avoir reçu sa licence en lettres.
  • « L’écrivain » : elle a un dossier entier de scénarios non écrits. Elle porte un casque avec des écouteurs. Ecoute-t-elle de la musique ou essaie-t-elle de faire taire la machine à café ? Peu importe car elle ne fait rien de productif. Facebook, Twitter, puis retour à Facebook. Vous êtes impatient de lire la comédie dont elle ne cesse de parler.
  • L’écrivain : il n’est que 11 heures et elle a déjà bu trois tasses de café. Elle a un horaire fixe. Elle porte une vieille veste. Elle a écrit quinze histoires courtes, cinq romans et deux scénarios. Elle n’a encore rien vendu mais au moins elle est déterminée.
  • Le vrai écrivain : l’épisode de Scandale que vous avez vu la nuit dernière, c’est elle qui l’a écrit. Elle a dix crédits et une photo de profile sur IMDB. Peut-être que vous la reconnaitrai. Elle va a Intelligentsia parce qu’elle sait qu’écrire toute seule à la maison peut devenir lassant.
  • Les gars qui ont une réunion d’affaire : on croirait que c’est un projet créatif en cours mais en fait ce sont deux gars qui discutent bruyamment de leur projet en cours. A la fin de la réunion, tout le café sera au courant de leur série web science fiction historique/romantique qu’ils voudraient vendre à Hulu. Il n’y a aucune raison de travailler sur un projet si vous ne pouvez pas l’annoncer avec grand bruit.
  • Le style PC : c’est le gars qui pensait que ça serait bien d’amener son lap top à Intelligentsia. Il avait bien l’intention de le sortir de son sac à dos mais vient de se rendre compte qu’il est entouré d’une mer de MacBooks. Maintenant, il sirote son café avec un air gêné.
  • Le gars avec le visage rasé de près : on le remarque parce que c’est le seul gars dans l’établissement qui n’a pas un seul poil sur le visage. Même l’allemand le plus imberbe essaie d’avoir une barbe. Il se distingue comme le seul homme à un concert de Liz Phair. Que fait-t-il ici ? Evitez-le à tout prix.